LES GENTILSHOMMES DE LA BRETTE

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Entre le théâtre, le ballet et la cascade : l’escrime

Article de Maître Fernand Claude Lafitte

dimanche 22 mai 2005


Place du marché de Wazemmes à Lille, l’église Saint-Pierre et Saint- Paul. Sur le côté du bâtiment, une porte de fer. Vous l’ouvrez, vous descendez quelques marches, et vous voilà dans la crypte. Un cadre somptueux de briques et de piliers de pierre.

Que peut-il bien se passer en ces lieux souterrains et mystiques ? La réunion d’une secte ? Pas Vraiment, puisque l’on est dans le monde du sport. Mais pas n’importe quel sport, celui-ci tire ses origines des duels de jadis. Vous comprendrez pourquoi ce cadre surprenant se prête si bien à une activité ancestrale. Car si on parle d’escrime, il s’agit plus exactement d’une sorte de retour aux sources. Des sources qu’il faut rechercher dans les traités des maîtres en fait d’armes des XVIème et XVIIème siècles. Adaptées et neutralisées, elles donnent naissance à une escrime de spectacle : L’escrime artistique.

Cette philosophie de l’escrime, une trentaine de bretteurs lillois tentent de la faire revivre au travers de démonstrations de combats artistiques. Des exhibitions qui, si elles sont à la frontière entre le sport et le théâtre, requièrent une réelle connaissance des armes anciennes. Il est, par exemple, nécessaire de passer par une formation classique au fleuret, le solfège de l’escrime pour mieux percevoir un travail de pointe et d’opposition. Tout le patrimoine culturel et artistique de l’escrime peut et doit être exploité par souci de cohérence historique, visuelle et dramatique. Concrètement, les « duellistes » se produisent costumés - et non déguisés ! - sans protection - Nous ne pouvons imaginer d’Artagnan avec un masque. - Ce sont des simulacres d’estocades réglés avec la précision d’une cascade. Non masqué, nous ne pouvons nous permettre d’improviser. Chaque combat est minutieusement réglé en tenant compte de la sécurité des bretteurs et du public.

Comme pour l’escrime « sportive », des rencontres sont organisées. Ces compétitions ressemblent souvent à des scènes de théâtre avec musique de fond, faisant se rapprocher la discipline au ballet. Mais, l’escrime artistique, d’abord un art, est devenu un sport et une philosophie. Il faut un certain état d’esprit. Avec un costume du XVIème et une dague ( courte épée de main gauche ), nous ne pouvons plus réagir comme un homme du XXIème siècle. Nous devons nous efforcer de jouer au mieux un personnage de l’époque pour donner de l’épaisseur aux combats. Lors des concours, le jury est composé de maîtres d’armes et d’acteurs professionnels.

Il ne faut donc pas s’attendre à voir apparaître cette discipline aux Jeux Olympiques même si quelques dirigeants de l’escrime française commencent à l’escrime artistique comme une quatrième arme.


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