LES GENTILSHOMMES DE LA BRETTE

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Où l’on parle des fameux gardes...

Les vrais gardes du Cardinal...

mercredi 25 octobre 2006, par Cracou

Les adversaires acharnés des mousquetaires, selon Dumas, sont les célèbres gardes du Cardinal de Richelieu... Mais qu’en est il dans la réalité ?

Les gardes du cardinal apparaissent toujours comme les ennemis des mousquetaires. Pourtant la réalité est bien loin de cette image d’Épinal !

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La compagnie des gardes du cardinal

...n’a rien à voir avec la protection du cardinal ! La formation des futurs officiers de la marine nécessitant la création d’écoles dédiées, Richelieu créa la « compagnie » (école) dite des « gardes du Cardinal » comprenant seize jeunes gentilshommes en 1626. En 1642, à sa mort, elle devint la Compagnie de la Reine-Régente » (Anne d’Autriche) (1646-1650), puis celles de Beaufort et de Vendôme (1650-1669).

Qui assurait alors la protection du cardinal ?

A l’origine, personne : il était protégé comme ministre par la maison du Roi. Après la conspiration de Chalais (1626), Louis XIII dota Richelieu d’une garde personnelle de 50 arquebusiers. Ceux ci n’ont évidemment pas le droit de le protéger en présence du roi, puisque les gardes du corps assurent alors leur protection commune. Remarquons au passage que les mousquetaires ne sont pas chargés de la protection immédiate de la personne du roi, mais plus du service en dedans et en dehors, c’est à dire de messagers et de protection lors des déplacements.

Y avait il une opposition entre les gardes du cardinal et les mousquetaires ?

Comme entre tous les jeunes militaires de corps différents, mais sans plus. L’idée même d’une opposition larvée entre les hommes de Louis XIII et du cardinal, et secrètement entretenue par Louis XIII, comme le laisse entendre l’entrevue avec Tréville dans les Trois mousquetaires, ne tient pas la route. D’une part, n’oublions pas que Richelieu est premier ministre et en premier lieu intéressé par la protection du souverain. D’autre part, les duels sont fort mal vus (interdits depuis l’Edit de 1626) et se livrer à ce genre d’activité de manière quasi ouverte est un crime de lèse majesté (d’où la décollation du comte de Montmorency-Bouteville en 1627) et en plus de la part d’hommes ayant prêté un serment particulier de fidélité au souverain qui leur accorde sa confiance.


Bibliographie :

Michel Vergé-Franceschi, "Marine et éducation sous l’Ancien Régime", Paris, édition du CNRS, 1990.
Michel Vergé-Franceschi, "Un enseignement éclairé au XVIIIe siècle : l’enseignement maritime dispensé aux gardes ", in _Revue historique_, CCLXXVI/1, 1986, p. 29-55.


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